Inégalités salariales, plafond de verre, sexisme : les carrières des femmes cadres toujours pénalisées

Inégalités salariales, plafond de verre, sexisme : les carrières des femmes cadres toujours pénalisées

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Les faits sont têtus : malgré les politiques d’égalité salariale mises en place dans les entreprises, des efforts restent à faire : en 2024, les femmes cadres gagnent encore 12 % de moins en moyenne que leurs collègues masculins, selon le baromètre de l’Apec, publié le 27 février et réalisé auprès de 2 000 cols blancs entre juin et décembre 2024. Elles perçoivent 50 000 euros bruts annuels, contre 56 000 euros pour les hommes.

L’écart reste même à 7 % à postes et profils identiques. Un chiffre quasi-constant depuis 2015. Le delta se creuse avec l’âge : s’il est de 3 % chez les moins de 35 ans, il grimpe à 11 % chez les plus de 55 ans. La rémunération variable n’est pas étrangère à ces inégalités : les hommes touchent davantage de bonus (57 %, contre 50 % pour les femmes). Carton rouge sur ce plan dans les fonctions commerciales : par exemple, 72 % des hommes touchent cette part variable. Elles ne sont que 66 % à déclarer ce type de rémunération.

Pas étonnant dans ces conditions que seule une femme sur deux estime être rémunérée à sa juste valeur.

Moins de postes d’encadrement

Les freins sont encore nombreux. Tout d’abord, les postes de management sont plus rares : elles parviennent plus rarement à accéder à des fonctions d’encadrement (38 %, contre 42 % pour les hommes). Et lorsqu’elles réussissent à décrocher ce type de poste, elles ne sont pas à l’abri des déconvenues : leurs équipes sont plus petites, seules 12 % d’entre elles ont des responsabilités d’équipes de plus de 10 personnes, contre 21 % pour leurs collègues masculins.

Pour autant, les femmes ne sont pas moins ambitieuses que leurs homologues masculins, rappelle l’Apec qui tord ici le cou à quelques idées reçues : plus d’un tiers d’entre elles ont, au cours de ces trois dernières années, pris l’initiative de demander plus de responsabilités à leur manager. D’ailleurs, seules 16 % des femmes pourraient renoncer à une promotion hiérarchique par peur de ne pas avoir les compétences.

Les femmes pénalisées par leur situation familiale ?

Mais « elles font encore trop souvent face au sexisme persistant dans leur entreprise ou lors du processus de recrutement », relève Gilles Gateau, directeur général de l’Apec.

Signe de ces discriminations ? Si, en principe, l’entretien d’embauche porte sur la vie professionnelle du candidat, il n’est pas rare que des questions relatives à la vie privée des femmes soient abordées. Et notamment celle de la famille.

21 % des femmes sondées ont eu ce type de questions lors d’un entretien de recrutement (contre 17 % pour les hommes). La proportion passe même à 28 % lorsqu’elles ont des enfants (22 % pour les hommes). Au global, 14 % des femmes (21 % avec enfants) estiment avoir été pénalisées par leur situation familiale.

Pour rappel, le recruteur n’a pas le droit de poser la question. L’article L1221-6 du code du travail précise que « les informations demandées (…) doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles ».

La transparence salariale, un « levier » pour faire progresser l’égalité

Reste à savoir si la directive sur la transparence salariale changera la donne ; 75 % des femmes plébiscitent ce levier pour faire progresser l’égalité salariale.

« Il s’agit d’une opportunité, à la fois pour l’égalité salariale mais aussi pour l’attractivité des entreprises encore confrontées aux difficultés pour recruter et fidéliser les compétences », indique Gilles Gateau.

Selon le baromètre : 53 % des TPE, 64 % des PME et 68 % des ETI-GE déclarent fournir des informations sur les salaires à leurs collaborateurs…

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Anne Bariet
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En dépit de discours volontaristes, les inégalités salariales perdurent, selon une enquête de l’Apec. A postes et profils identiques, les femmes gagnent 7 % de moins que leurs collègues hommes. Un chiffre quasi-constant depuis 2015. La directive sur la transparence salariale pourra-t-elle changer la donne ?
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Le gouvernement veut supprimer 200 formulaires Cerfa d’ici fin 2025

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Le 4 mars, Véronique Louwagie, ministre déléguée au commerce, à l’artisanat, aux PME et à l’économie sociale et solidaire, a pris « l’engagement » de « diminuer d’ici la fin de l’année le nombre de Cerfa de 200 ». Actuellement, il existe 1800 Cerfa, a indiqué la ministre. « Ces travaux ont débuté ». Rappelons que le projet de loi de simplification de la vie économique est toujours en cours de discussion parlementaire (en attente d’une première lecture à l’Assemblée nationale).

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Céline Chapuis
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Le gouvernement veut supprimer 200 formulaires Cerfa d’ici fin 2025

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Le 4 mars, Véronique Louwagie, ministre déléguée au commerce, à l’artisanat, aux PME et à l’économie sociale et solidaire, a pris « l’engagement » de « diminuer d’ici la fin de l’année le nombre de Cerfa de 200 ». Actuellement, il existe 1800 Cerfa, a indiqué la ministre. « Ces travaux ont débuté ». Rappelons que le projet de loi de simplification de la vie économique est toujours en cours de discussion parlementaire (en attente d’une première lecture à l’Assemblée nationale).

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CSRD : « Il y a, au-delà de la charge administrative, un coût économique important »

CSRD : « Il y a, au-delà de la charge administrative, un coût économique important »

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La Commission européenne a présenté, le 26 février, une proposition de directive dite « Omnibus » visant à simplifier les règles d’application de la directive CSRD (Corporate sustainability reporting directive). Qu’en pensez-vous ?

Nous y sommes très favorables. Car en l’état, le texte n’est pas applicable. Les contraintes sont trop lourdes pour les entreprises. Elles doivent suivre un ensemble de 12 normes couvrant des thématiques environnementales, sociales et de gouvernance. Or, ces normes imposent des reportings de durabilité portant sur les données ESG complexes à réaliser et chronophages. J’ai d’ailleurs répertorié plus de 80 reportings à réaliser et plus de 1 100 critères à renseigner.

Il serait plus judicieux de consacrer ce temps à réfléchir aux actions à mettre en place. En clair, cette législation est très paradoxale : plutôt que d’inciter les entreprises à se concentrer sur les mesures essentielles à activer, elle nous oblige à produire des chiffres et des tableaux. C’est un véritable fardeau administratif bien trop lourd par rapport aux bénéfices attendus.

Les adhérents de l’ANDRH nous ont d’ailleurs fait part de leurs inquiétudes à ce sujet.

L’ambition de la proposition de directive est justement de réaliser un « effort de simplification sans précédent » en retirant environ 80 % des entreprises du champ d’application. Ce seuil vous convient-il ?

C’est un soulagement. Il faut le rappeler, toutes les entreprises n’y sont pas prêtes. Actuellement ces nouvelles obligations visent 50 000 entreprises en Europe. Et ce, à partir de 250 salariés dans un délai très serré.

Car si cette année, ce sont les entreprises cotées ayant un bilan supérieur à 25 millions d’euros, un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros et un effectif supérieur à 500 salariés qui sont visées, à partir du 1er janvier 2026, ce sera au tour des entreprises de plus de 250 salariés.

Cette directive implique donc une montée en charge pour des structures qui n’étaient pas préparées à un tel niveau d’exigence. Toutes n’ont pas anticipé la réglementation en structurant le pilotage des indicateurs.

Elles doivent donc effectuer des recrutements, à la fois d’experts en reporting ESG, de data analysts, de consultants spécialisés. Il y a donc, au-delà de la charge administrative, un coût économique. Il n’est pas sûr que le contexte actuel soit très favorable à ces perspectives d’embauche pour étoffer les équipes RH. Sans compter l’investissement dans des outils numériques adaptés.

De plus, il n’y a pas assez de proportionnalité, on ne peut pas demander la même chose à une entreprise de 255 personnes et à un groupe de 100 000 salariés.

Nous souhaitons donc, en vertu du nouveau texte, que seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et dont le chiffre d’affaires dépasse 50 millions d’euros, ou dont le bilan est supérieur à 25 millions d’euros restent dans le champ d’application de la directive. Elles sont les mieux armées.

N’est-ce pas toutefois un coup porté à la transition durable ? Les entreprises en dessous des nouveaux seuils risquent de ne pas envisager la RSE comme un levier stratégique ?

La CSRD ne doit pas devenir une usine à gaz qui détourne la RSE de sa misson première. Surtout que ce sujet est primordial pour les entreprises, gage d’attractivité. Les sujets RSE sont de plus en plus scrutés par les salariés et les candidats à l’emploi. Ne pas s’y soustraire peut ainsi desservir la marque employeur. Mais pas à n’importe quelles conditions. La vraie question c’est comment garantir un impact réel, plutôt que de noyer la RSE sous des tableaux Excel? A force de tout mesurer, on risque d’oublier d’agir concrètement et d’innover. 

D’autant qu’une tendance émerge : en raison des multiples reportings imposés, les directions RSE échappent de plus en plus à la fonction RH pour migrer vers la fonction finances ; ce que nous interrogeons puisque la RSE repose en partie sur des indicateurs sociaux.

 

Les principaux changements attendus avec la proposition de directive  « Omnibus »

Publiée le 14 décembre 2022 par la Commission européenne, la transposition de la directive CSRD s’est faite dans l’Hexagone un an après, le 6 décembre 2023. Mais face aux critiques de nombreux acteurs économiques, la Commission européenne a enclenché la « simplification » de son Pacte vert en dévoilant, le 26 février dernier, un projet de directive « Omnibus » qui concerne notamment trois sujets phares pour les entreprises dont les obligations de reporting de durabilité, instaurées par la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive).

L’objectif énoncé est de « stimuler la compétitivité et de débloquer des capacités d’investissement supplémentaires », en réduisant « la complexité des exigences de l’UE pour toutes les entreprises, notamment les PME et les petites entreprises », selon la Commission.

Le nouveau texte vise notamment à limiter l’obligation de rapport de durabilité aux entreprises qui emploient plus de 1 000 salariés, qui réaliseraient un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros et/oui qui ont un total de bilan supérieur à 25 millions d’euros. Ce qui exempterait les PME.

En outre, la Commission propose de repousser de deux ans (jusqu’en 2028) les exigences de reporting pour les entreprises actuellement dans le champ d’application du texte et qui seront tentées de produire un rapport à partir de 2026 ou de 2027.

Attention ces mesures ne sont pas effectives. Le projet doit être adopté par le Parlement européen ainsi que par le Conseil de l’Union européenne. En attendant, le cadre actuel reste en vigueur.

 

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Propos recueillis par Anne Bariet
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L’ANDRH dénonce la lourdeur de la charge administrative imposée par la directive CSRD par rapport aux bénéfices attendus. Elle se prononce pour l’adoption de la nouvelle proposition de directive présentée, le 26 février, par la Commission européenne. Les explications d’Audrey Richard, présidente de l’association.
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Selon l’Insee, les femmes ont davantage recours au télétravail

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Les femmes ont une probabilité d’avoir recours au télétravail de 6,4 points de pourcentage supérieure à celles des hommes, à caractéristiques et emploi identiques, dévoile une enquête de l’Insee qui s’appuie sur des données du 1er semestre 2024 (cette enquête est réalisée par l’Insee chaque trimestre auprès de 80 000 ménages, avec un renouvellement de l’échantillon par sixième). Toutefois, « selon différentes interprétations, le développement du télétravail maintiendrait l’inégale répartition des tâches domestiques au sein des foyers [Landour, 2024], mais pourrait réduire cette inégalité en présence d’enfants en bas âge [Beatriz, Erb, 2024a] », ajoute l’institut.

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Ludovic Arbelet
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