Lutte contre l’opacité comptable : le rôle à géométrie variable du commissaire aux comptes

Lutte contre l’opacité comptable : le rôle à géométrie variable du commissaire aux comptes

A la une

De nombreuses sociétés commerciales cachent leurs comptes annuels. Tantôt légalement, tantôt illégalement (lire cet article et celui-ci). Le commissaire aux comptes doit-il signaler au Procureur de la République une entité qui ne respecte pas, même partiellement, l’obligation de rendre publics ses comptes annuels ?

La commission des études juridiques de la CNCC vient de prendre position sur ce sujet (chronique EJ 2024-36). Cela concerne le cas d’une entreprise qui, prétendant être une petite société commerciale, opte de façon illégale pour la confidentialité de son compte de résultat. Rappelons que ces entités — c’est-à-dire les sociétés commerciales qui ne dépassent deux des trois seuils suivants : 7,5 millions d’euros de total bilan, 15 millions d’euros de chiffre d’affaires et 50 salariés ; articles L 232-25 et D 123-200 du code de commerce — doivent déposer ce document mais peuvent (sauf exceptions) en réserver l’accès à certaines parties prenantes. Bref, le dépôt du compte de résultat s’impose à elles mais sa publication peut être confidentielle.

Cette commission rappelle que le Cac n’a pas l’obligation de rechercher activement si la société a commis une infraction dans ce contexte mais qu’il doit révéler au Procureur de la République tout fait délictueux dont il a connaissance au cours de sa mission ou prestation (article L 821-10 du code de commerce). La question qui se pose est de savoir si ce camoufflage comptable légal relève d’un fait délictueux.

La fausse déclaration est sanctionnée pénalement

Cette commission de la CNCC considère que c’est le cas. Pour une raison : cette option de confidentialité du compte de résultat est mise en oeuvre via une déclaration qui, lorsqu’elle est fausse, constitue un faux et un usage de faux sanctionnés par le code pénal (articles R 123-111-1 du code de commerce, A 123-61-1 du code de commerce et 441-1 du code pénal). Au passage, il est souligné que cette société ne peut pas être mise en cause pénalement pour un manquement en matière de dépôt des comptes annuels au titre de l’article R 247-3 du code de commerce. En effet, son manquement ne porte pas sur le dépôt des comptes annuels mais sur une fausse déclaration.

Intention frauduleuse

Cette position n’est pas fondamentalement nouvelle. On peut toutefois souligner que la doctrine déjà ancienne de la CNCC prévoit que cette révélation ne s’impose pas au commissaire aux comptes en cas de simples irrégularités ou inexactitudes ne procédant manifestement pas d’une intention frauduleuse (voir Icône PDFla pratique professionnelle de la CNCC de 2014 relative à la révélation des faits délictueux au procureur de la République et l’avis technique de 2022 relatif à la vérification par le commissaire aux comptes de la publication sincère des comptes annuels par les organismes faisant appel à la générosité du public). Cette position s’appuie sur Icône PDFune circulaire de 2014 du ministère de la justice consacrée à ce sujet. Il semble que la fausse déclaration en cause manifeste une intention frauduleuse (cf article 441-1 du code pénal).

Dépôt de comptes annuels incomplets

Dans une autre situation d’opacité comptable illégale — un dépôt de comptes annuels incomplets —, la CNCC a également considéré que le Cac doit faire une révélation au Procureur de la République. Là aussi, la CNCC n’aborde pas explicitement le sujet de la présence de l’intention frauduleuse manifeste de l’entité auditée pour déclencher l’obligation de révélation par le Cac. L’analyse est pourtant moins évidente que dans le cas précédent de la fausse déclaration.

Vérification de la publication sincère des comptes de certaines entités

Là encore, cette obligation de signalement ne s’impose au commissaire aux comptes que lorsqu’il découvre l’irrégularité au cours de sa mission ou de sa prestation. Il n’est pas tenu de rechercher activement si l’entité cliente a respecté son obligation de publication des comptes annuels. La donne est différente dans un autre contexte. Le commissaire aux comptes de certains organismes faisant appel à la générosité du public doit vérifier que l’entité auditée respecte son obligation de publication (sincère) des comptes annuels. Et lorsque l’entité n’est pas dans les clous, il peut être amené à faire une révélération au Procureur de la République. Le rôle du commissaire aux comptes en tant que gardien de la publication des comptes annuels est à géométrie variable.

Visuel réduit: 
Visibilite: 
privé
Signature: 
Ludovic Arbelet
Supports de diffusion: 
Une nouvelle position de la CNCC affirme que le commissaire aux comptes doit révéler au Procureur de la République une société qui restreint illégalement l’accès à son compte de résultat quand bien même ce document est déposé au greffe du tribunal de commerce. Toutefois, ce signalement ne s’impose que lorsqu’il a connaissance de cette pratique dans le cadre de sa mission. Mais pour certaines entités, il doit s’assurer de la publication des comptes annuels.
Cacher le visuel principal ?: 
Non
Type de produit: 
Produit d’origine: 
Auteur extérieur: 
Application immédiate: 
Microcrédit professionnel : le plafond est relevé

Microcrédit professionnel : le plafond est relevé

A la une

Le microcrédit professionnel permet à un entrepreneur n’ayant pu accéder à un prêt bancaire classique de bénéficier d’un prêt de faible montant pour créer, reprendre ou développer une entreprise en France, quels que soient son secteur d’activité et son statut. Depuis le 6 décembre dernier, le montant maximum de ce prêt est fixé à 17 000 € (au lieu de 12 000 €) sur tout le territoire national (décret n° 2024-1123).

Cette disposition fait suite à une expérimentation instituée en 2020 pour 4 ans (jusqu’au 31-8-2024) dans les territoires d’outre-mer et dont le rapport d’évaluation a conclu à un bilan positif. Régi par les articles L 511-6, 5° et R 518-61, 2° du code monétaire et financier, le microcrédit professionnel est un prêt rémunéré (intérêts) et remboursable sur 5 ans au maximum. Pour en bénéficier, l’entreprise ne doit pas employer plus de 3 salariés. Le prêt est garanti par un fonds de garantie ou de cautionnement agréé, par un établissement de crédit ou par une société de financement.

Le microcrédit est distribué par des réseaux d’accompagnement spécialisés et bancaires agréés par France Active dont l’Adie (association pour le droit à l’initiative économique) et Créa-Sol, associations sans but lucratif habilitées par le code monétaire et financier à distribuer du microcrédit. En 2023, 97 % des microcrédits professionnels ont été distribués par l’Adie.

Visuel réduit: 
Visibilite: 
privé
Supports de diffusion: 
Un décret a récemment rehaussé le plafond du micro-crédit professionnel. Son montant est passé de 12 000 à 17 000 €.
Cacher le visuel principal ?: 
Non
Type de produit: 
Produit d’origine: 
Auteur extérieur: 
Application immédiate: 
Les prix de cession relatifs des cabinets comptables semblent stables

Les prix de cession relatifs des cabinets comptables semblent stables

A la une

Le thermomètre est imperturable. Sur 15 ans, les prix de cession moyens des cabinets d’expertise comptable, exprimés en pourcentage du chiffre d’affaires hors taxes, ont très peu évolué, estiment les études successives d’Interfimo. Selon l’édition 2024 de ce spécialiste du financement des professions libérales, qui s’appuie sur 240 transactions dont il a étudiées le financement en 2022 et 2023, les montants s’élèvent à 87 % du chiffre d’affaires. C’est presque le même niveau qu’en 2009 où il pointait à 86 %. Et entre ces années, les prix relatifs n’ont quasiment pas changé : 85 % en 2011 ; 85 % en 2013 ; 87 % en 2015 ; 87 % en 2018 et 86 % pour l’édition 2021. Nous ne savons toutefois pas quelle est l’évolution des prix rapportée à l’excédent brut d’exploitation (EBE).

Réduction de la dispersion des prix relatifs

La dispersion s’est même réduite ces dernières années. Dans l’édition 2024, 60 % des transactions se situent dans une fourchette entre 74 et 100 % du chiffre d’affaires. Dans l’édition 2021, 60 % des transactions se trouvent valorisées entre 67 et 103 % du chiffre d’affaires.

Quels sont aujourd’hui les critères qui impactent le prix de cession exprimé en pourcentage du chiffre d’affaires ? Le facteur géographique influe peu, selon cette étude. Il faut toutefois relativiser cette analyse car elle s’appuie sur une France découpée en 5 grands territoires et sur des échantillons territoriaux probablement réduits, le nombre total de transactions n’étant que de 240. « Les prix de cession moyens sont relativement homogènes sur tout le territoire. C’est le Grand Nord- Ouest qui enregistre la plus forte moyenne, à 92 % du CA », analyse Interfimo qui ajoute que « c’est en Île-de-France, là où les opérations sont les plus nombreuses, que la dispersion est la plus forte ».

Impact de la nature de la transaction

La nature de la transaction semble impacter les prix de cession relatifs. Les opérations mieux cotées sont les ventes à soi-même. En effet, pour les cessions à une société dans laquelle le(s) cèdant(s) reste(nt) majoritaire(s), le prix s’élève à 94 % du chiffre d’affaires. Les moins bien cotées sont les opérations relatives à l’installation de l’acquéreur — acquisition d’une « étude » par un collaborateur ou par un tiers, en première installation ou en réinstallation suite au départ du (des) cédant(s) — et les associations de tiers — intégration d’un expert-comptable extérieur au cabinet en qualité d’associé. Elles sont valorisées 83 % du chiffre d’affaires.

Impact de la rentabilité

Autre facteur qui semble impacter, la rentabilité du cabinet. « Il existe une corrélation positive entre la rentabilité des cabinets et les prix auxquels ils sont cédés, et dans ce contexte, ce sont les cabinets les plus rentables qui sont le mieux valorisés, analyse Interfimo. Les cabinets dont l’EBE retraité — c’est-à-dire dans cette étude après neutralisation de la rémunération du dirigeant (rémunérations de gérance, charges sociales et management fees) — est supérieur à 40 % du CA sont cédés en moyenne à 91 % du CA », illustre ce spécialiste. Qui précise que « en coefficient d’EBE, nous constatons que les cabinets dont le CA est inférieur à 2 M€ s’échangent en moyenne à 2,7 fois l’EBE contre 3,3 fois l’EBE pour les cabinets de plus de 2 M€ de CA ».

 

Les prix de cession relatifs des cabinets deviennent moins dispersés
 

Lecture : dans l’édition 2024, 46 % des cessions l’ont été à un prix compris entre 80 et 100 % du chiffre d’affaires.

Source : Interfimo, prix de cession des cabinets d’expertise comptable, édition 2024

Visuel réduit: 
Visibilite: 
publique
Signature: 
Ludovic Arbelet
Supports de diffusion: 
La valeur moyenne des structures d’expertise comptable vendues s’élève à 87 % du chiffre d’affaires, estime une nouvelle étude d’Interfimo. Un niveau quasi-identique à celui relevé en 2009.
Cacher le visuel principal ?: 
Non
Type de produit: 
Produit d’origine: 
Auteur extérieur: 
Application immédiate: 
Les prix de cession relatifs des cabinets comptables semblent stables

Les prix de cession relatifs des cabinets comptables semblent stables

A la une

Le thermomètre est imperturable. Sur 15 ans, les prix de cession moyens des cabinets d’expertise comptable, exprimés en pourcentage du chiffre d’affaires hors taxes, ont très peu évolué, estiment les études successives d’Interfimo. Selon l’édition 2024 de ce spécialiste du financement des professions libérales, qui s’appuie sur 240 transactions dont il a étudiées le financement en 2022 et 2023, les montants s’élèvent à 87 % du chiffre d’affaires. C’est presque le même niveau qu’en 2009 où il pointait à 86 %. Et entre ces années, les prix relatifs n’ont quasiment pas changé : 85 % en 2011 ; 85 % en 2013 ; 87 % en 2015 ; 87 % en 2018 et 86 % pour l’édition 2021. Nous ne savons toutefois pas quelle est l’évolution des prix rapportée à l’excédent brut d’exploitation (EBE).

Réduction de la dispersion des prix relatifs

La dispersion s’est même réduite ces dernières années. Dans l’édition 2024, 60 % des transactions se situent dans une fourchette entre 74 et 100 % du chiffre d’affaires. Dans l’édition 2021, 60 % des transactions se trouvent valorisées entre 67 et 103 % du chiffre d’affaires.

Quels sont aujourd’hui les critères qui impactent le prix de cession exprimé en pourcentage du chiffre d’affaires ? Le facteur géographique influe peu, selon cette étude. Il faut toutefois relativiser cette analyse car elle s’appuie sur une France découpée en 5 grands territoires et sur des échantillons territoriaux probablement réduits, le nombre total de transactions n’étant que de 240. « Les prix de cession moyens sont relativement homogènes sur tout le territoire. C’est le Grand Nord- Ouest qui enregistre la plus forte moyenne, à 92 % du CA », analyse Interfimo qui ajoute que « c’est en Île-de-France, là où les opérations sont les plus nombreuses, que la dispersion est la plus forte ».

Impact de la nature de la transaction

La nature de la transaction semble impacter les prix de cession relatifs. Les opérations mieux cotées sont les ventes à soi-même. En effet, pour les cessions à une société dans laquelle le(s) cèdant(s) reste(nt) majoritaire(s), le prix s’élève à 94 % du chiffre d’affaires. Les moins bien cotées sont les opérations relatives à l’installation de l’acquéreur — acquisition d’une « étude » par un collaborateur ou par un tiers, en première installation ou en réinstallation suite au départ du (des) cédant(s) — et les associations de tiers — intégration d’un expert-comptable extérieur au cabinet en qualité d’associé. Elles sont valorisées 83 % du chiffre d’affaires.

Impact de la rentabilité

Autre facteur qui semble impacter, la rentabilité du cabinet. « Il existe une corrélation positive entre la rentabilité des cabinets et les prix auxquels ils sont cédés, et dans ce contexte, ce sont les cabinets les plus rentables qui sont le mieux valorisés, analyse Interfimo. Les cabinets dont l’EBE retraité — c’est-à-dire dans cette étude après neutralisation de la rémunération du dirigeant (rémunérations de gérance, charges sociales et management fees) — est supérieur à 40 % du CA sont cédés en moyenne à 91 % du CA », illustre ce spécialiste. Qui précise que « en coefficient d’EBE, nous constatons que les cabinets dont le CA est inférieur à 2 M€ s’échangent en moyenne à 2,7 fois l’EBE contre 3,3 fois l’EBE pour les cabinets de plus de 2 M€ de CA ».

 

Les prix de cession relatifs des cabinets deviennent moins dispersés
 

Lecture : dans l’édition 2024, 46 % des cessions l’ont été à un prix compris entre 80 et 100 % du chiffre d’affaires.

Source : Interfimo, prix de cession des cabinets d’expertise comptable, édition 2024

Visuel réduit: 
Visibilite: 
publique
Signature: 
Ludovic Arbelet
Supports de diffusion: 
La valeur moyenne des structures d’expertise comptable vendues s’élève à 87 % du chiffre d’affaires, estime une nouvelle étude d’Interfimo. Un niveau quasi-identique à celui relevé en 2009.
Cacher le visuel principal ?: 
Non
Type de produit: 
Produit d’origine: 
Auteur extérieur: 
Application immédiate: 

Vers un abandon du projet de plateforme de facturation gratuite par le Cnoec ?

A la une (brève)

L’Ordre des experts-comptables avait déclaré, fin octobre 2024 sous la présidence de Cécile de Saint-Michel, vouloir lancer un projet de plateforme de facturation électronique gratuite. Une annonce qui faisait suite à celle de l’Etat d’abandonner le développement de son PPF (portail public de facturation) gratuit. Dans une interview pour Compta online, Damien Charrier, le nouveau président du Cnoec, affirme qu’il s’était opposé à cette proposition et que « nous prendrons le temps d’analyser le sujet mais je ne pense pas que nous nous dirigerons vers cette voie ».

Visuel réduit: 
Visibilite: 
privé
Signature: 
Ludovic Arbelet
Supports de diffusion: 
Cacher le visuel principal ?: 
Non
Type de produit: 
Produit d’origine: 
Auteur extérieur: 
Application immédiate: 
Illiade Expertise Comptable

Presets Color

Primary
Secondary