L’ouverture des professionnels du chiffre vers l’étranger résulte souvent d’une opportunité : « Dès son origine en 1978, notre cabinet a internationalisé sa clientèle, grâce à un contact pris avec un client japonais, ce qui nous a permis d’entretenir le lien avec les entrepreneurs de ce pays », relate Marie-Hélène Volpe, directrice générale du cabinet parisien Caderas-Martin (140 collaborateurs). Aujourd’hui, 50% de la clientèle de Caderas-Martin est internationale, avec des zones de prédilection telles que le Japon, les Etats-Unis, les pays scandinaves et le groupe possède un bureau de liaison à Tokyo.
Autre cabinet parisien, et même attrait pour l’étranger : chez Primexis, quelque 70 collaborateurs sur 380 travaillent à l’international. « Nous accompagnons des clients anglo-saxons à 80%, mais également actifs au Moyen-Orient et en Asie », explique Alexis Gasto, associé de Primexis, cabinet qui s’est également orienté très tôt dans cette voie. L’appartenance du cabinet à un réseau international conforte la stratégie : « Nous sommes membres de Leading Edge Alliance (LEA Global), un réseau de cabinets présent dans 76 pays, poursuit Alexis Gasto. Ce qui nous amène certaines sollicitations d’implantation de clients étrangers en France, mais permet aussi d’avoir des appuis pour nos clients français souhaitant travailler à l’international ».
Pour sa part, le cabinet TGS France, également très actif à l’international, a même fondé un réseau en 2012 : « Notre réseau TGS Global compte 70 membres, ce qui favorise la coopération », souligne Mickaël Petitprès, associé au sein de TGS France à Wasquehal (59).
Lorsqu’ils choisissent la France, les entrepreneurs étrangers sollicitent les cabinets pour des missions variées : « Nous informons les entreprises sur la réglementation française, la fiscalité, effectuons des simulations de charges sociales. Puis, nous les aidons dans le choix de la forme juridique de leur structure et, quand elles sont lancées, nous les accompagnons au plan comptable, fiscal et social », résume Mickaël Petitprès. Qui souligne la nécessité de connaître certaines spécificités : « Si le client recrute des salariés étrangers, peut se poser la question de leur autorisation de travail. Ou encore, s’il fait venir en France des salariés détachés, il y aura éventuellement des taxes à payer et les cotisations sociales ne seront pas dues en France ».
Le cabinet Primexis accompagne pour sa part souvent des fonds d’investissement, que la France attire. « Il est nécessaire de bien connaître la culture du client étranger, souligne Alexis Gasto. Un Asiatique n’a pas la même façon de travailler qu’un Américain. De même, nous devons parfois envoyer des reportings aux maisons-mères à l’étranger, pour lesquels il est nécessaire de s’adapter aux formats de reporting de données financières du groupe et aux normes comptables locales ». La comptabilité française n’a en effet pas d’intérêt pour les maisons-mères étrangères. Marie-Hélène Volpe détaille les compétences nécessaires aux collaborateurs travaillant sur des dossiers internationaux : « La connaissance des normes IFRS, US Gaap, des conventions fiscales internationales, la maîtrise des traitements spécifiques des flux en matière de TVA, des prix de transferts, de la fiscalité internationale… Ce sont quelques domaines-clés pour lesquels nous formons nos salariés. Et bien entendu, les collaborateurs doivent être capables de travailler dans plusieurs langues ».
Alexis Gasto souligne l’attrait, pour les collaborateurs, de pouvoir travailler sur des dossiers internationaux : « L’anglais est la 2e langue de notre cabinet. Les collaborateurs deviennent rapidement agiles et même bilingues. C’est un facteur d’attractivité à l’embauche, et un plus pour leur carrière ». Pour Marie-Hélène Volpe : « Ce segment de clientèle accroît notre notoriété, ce qui créé un effet boule de neige pour nos autres activités ». Les experts-comptables qui gèrent des dossiers étrangers doivent cependant constamment rassurer leurs clients sur les atouts de la France, et particulièrement lorsque l’actualité – comme récemment – est empreinte d’incertitude politique et économique.





